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<channel><title><![CDATA[www.kristinmolnar.com - Blog]]></title><link><![CDATA[https://www.kristinmolnar.com/blog]]></link><description><![CDATA[Blog]]></description><pubDate>Wed, 23 Nov 2022 20:04:43 -0800</pubDate><generator>Weebly</generator><item><title><![CDATA[Premier mouvement]]></title><link><![CDATA[https://www.kristinmolnar.com/blog/premier-mouvement]]></link><comments><![CDATA[https://www.kristinmolnar.com/blog/premier-mouvement#comments]]></comments><pubDate>Mon, 13 Aug 2018 16:04:22 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.kristinmolnar.com/blog/premier-mouvement</guid><description><![CDATA[Samedi matin, gr&acirc;ce matin&eacute;e. Non pas grasse, j&rsquo;ai pas mang&eacute; de croissant ou de petit pain au chocolat. Ouais. Moi je ne dis pas chocolatine. M&ecirc;me mon correcteur automatique ne reconna&icirc;t pas ce mot.    Balconville dans Villeray. La ville travaille sur Castelnau future rue pi&eacute;tonne. Stationnement en double sur Drolet pour les croissants de la boulangerie. Les condos d&rsquo;en face ont un nouveau prix, de toute fa&ccedil;on c&rsquo;est laid, comme ceux  [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div class="paragraph" style="text-align:left;"><span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Samedi matin, gr&acirc;ce matin&eacute;e. Non pas grasse, j&rsquo;ai pas mang&eacute; de croissant ou de petit pain au chocolat. Ouais. Moi je ne dis pas chocolatine. M&ecirc;me mon correcteur automatique ne reconna&icirc;t pas ce mot.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">   Balconville dans Villeray. La ville travaille sur Castelnau future rue pi&eacute;tonne. Stationnement en double sur Drolet pour les croissants de la boulangerie.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Les condos d&rsquo;en face ont un nouveau prix, de toute fa&ccedil;on c&rsquo;est laid, comme ceux d&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute;, de plus haut sur la rue et sur les autres rues. C&rsquo;est comme de la mauvaise herbe, mais pas vraiment parce que la plupart des herbes sauvages servent &agrave; quelque chose et sont jolies quand on arr&ecirc;te de se faire croire qu'elles sont laides et nuisibles. Des gens courent avec leurs &eacute;couteurs, d&rsquo;autres apr&egrave;s leurs enfants qui approchent trop vite du coin d&rsquo;la rue.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Il va y avoir un nouveau stop, enfin. Monsieur le cordonnier italien passe, il a pris sa retraite, mais s&rsquo;ennuie de son ancien coin et vient faire son tour des fois. &Ccedil;a lui fait plaisir quand je le salue. &Ccedil;a me fait penser au barbier, qui avait pignon sur rue, l&agrave; o&ugrave; Yannick le chocolatier- cr&egrave;meglacier qui se couche toujours trop tard en &eacute;t&eacute;, est maintenant install&eacute;. Quand ce monsieur est mort, les enfants du quartier ont laiss&eacute; des dessins, des fleurs des petits mots sur le seuil de la porte. Il &eacute;tait toujours beau, habill&eacute; comme un chirurgien avec un sarrau bleu ciel pour s&rsquo;agencer avec ses yeux, se tenant aussi droit que son poteau de barbier, ses cheveux blancs touffus coiff&eacute;s vers l&rsquo;arri&egrave;re. Tout le monde le saluait. Et il donnait des bonbons aux enfants qui revenaient de l&rsquo;&eacute;cole.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">La fin de semaine dans mon coin, c&rsquo;est l&rsquo;heure de pointe de samedi 10 h &agrave; dimanche 17 h, because March&eacute; Jean-Talon.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Je prends mon caf&eacute; avec du chocolat 72 %.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Il y a une nu&eacute;e de gens qui passe, comme mes pens&eacute;es. Je mets plein de chocolat entre mes dents et je me retiens de leur sourire idiotement. J&rsquo;&eacute;clate de rire invisiblement.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Je recommence &agrave; faire ce que je sais faire le mieux : rien.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;"></span><br /><span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;"><strong><u>Variation 1</u></strong></span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Et puis hop, avec moi-m&ecirc;me au TNM. Les souvenirs qui remontent.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Don Quichotte et les potes c&rsquo;est bien loin.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Ce soir &ccedil;a sera des souris et des hommes.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Euh non, des aiguilles et de l&rsquo;opium.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Qui sait, demain de la tarte aux pommes...? </span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Restait qu&rsquo;un billet au parterre.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Le th&eacute;&acirc;tre &ccedil;a lib&egrave;re l&rsquo;esprit, mais pour &ccedil;a, faut l&rsquo;avoir l&rsquo;esprit volage.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Et comme il l&rsquo;a dit le monsieur : le progr&egrave;s l&rsquo;emporte sur la cr&eacute;ativit&eacute;. Genre de. Parce que si t&rsquo;as vu le dernier Mad Max, sans la cr&eacute;ativit&eacute;, le progr&egrave;s technologique, ben, il n&rsquo;a pas d&rsquo;imagination lui.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;"></span><br /><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Et puis le retour, c&rsquo;est dans les Francos. Beaucoup de couples errants, de petits groupes bruyants, de faux saltimbanques, de la bi&egrave;re. Il y a Alex Nevski, avec trop de monde. Je d&eacute;teste trop le monde quand ils sont beaucoup. Je me prends un classique hot-dog et je marche. Les Foufs, des restants de 5 &agrave; 7, encore des couples qui ne marchent pas plus vite que tout &agrave; l&rsquo;heure, un gars &agrave; l&rsquo;&oelig;il tatou&eacute;. Il a l&rsquo;air d&rsquo;un dalmatien. J'ai su que c'est le voisin d'une amie. Tout le monde veut de l&rsquo;argent. Un gars et son copain, genre d&rsquo;indiens, pas les autochtones l&agrave;, ceux qui sont mes cousins lointains, qui m&rsquo;aborde en anglais et me d&eacute;coche un compliment bidon. &Ccedil;a doit &ecirc;tre mes cheveux longs de derri&egrave;re qui l&rsquo;ont dup&eacute;. Ou il se cherchait une sugar mommy. Et merde. S&rsquo;il m&rsquo;avait piqu&eacute; quelque chose dans mon sac, moi dont les anc&ecirc;tres le faisaient si bien. (C&rsquo;est de l&rsquo;humour &ccedil;a, ris.)</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Mais non. Tout est l&agrave;. Re-merde. Et s&rsquo;ils avaient scann&eacute; mes cartes&thinsp;? C&rsquo;&eacute;tait un compliment bidon. Pourquoi alors&thinsp;? &Ccedil;a m&rsquo;accompagne jusqu&rsquo;au m&eacute;tro Mont-Royal. Dans le wagon une guirlande de gars &agrave; casquette et &agrave; gros bras chantent &agrave; gorge &eacute;raill&eacute;e et vraiment faux, vraiment tellement. Un beau grand slow, le grand bateau itou, un touriste qui demande si ce sont des chansons qu&eacute;b&eacute;coises, dans le sens traditionnel. Je dirais presque, ou en voie de le devenir. Les gars connaissaient toutes les tounes de Desjardins et les chantaient toutes extra faux. On riait, c&rsquo;&eacute;tait joyeux. Sont belles tes tounes Richard. De vraies Francos presque intimes. C'&eacute;tait pas mal plus beau que la Place des Festivals pas grand chose finalement. Et puis &ccedil;a parle de Michel Rivard et faire semblant que c&rsquo;est int&eacute;ressant&hellip;. La petite madame part &agrave; rire et dit &agrave; sa copine : &laquo; je sais m&ecirc;me pas c&rsquo;est qui Michel Rivard. &raquo; Pour vrai&thinsp;?! oui. Et moi j&rsquo;entends toutes les tounes plates dans ma t&ecirc;te en me disant que c&rsquo;est impossible.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Finalement elles descendent &agrave; Laval. Pas moi. C'est une question de go&ucirc;t; Desjardins, Rivard, Montr&eacute;al, Laval.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;"></span><br /><span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;"><strong><u>Variation 2</u></strong></span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Lendemain, pas de veille, parce que &laquo; de veille &raquo; ce n&rsquo;est plus que dans mes souvenirs. </span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Dans l&rsquo;ancien temps, plus ancien que les veill&eacute;es sur le balcon, mais peut-&ecirc;tre apr&egrave;s celui des graffitis dans les grottes, c&rsquo;&eacute;tait bien fait. Chacun sa place, selon ce que la nature lui dictait. Les plus jeunes restaient debout, veillaient et surveillaient le village. Les vieux se levaient de bonne heure, ramassaient les corps morts, balayaient le devant des huttes, pr&eacute;paraient le village pour la journ&eacute;e. Les enfants et les chiens couraient partout. Eux ils s&rsquo;occupaient de vivre. Comme dans la r&eacute;serve algonquine dans le parc de la V&eacute;rendrye o&ugrave; je suis all&eacute;e jouer il y a un bail. &Ccedil;a me fait penser au film de Richard, encore lui, le Peuple invisible, mais il &eacute;tait pas encore tourn&eacute;. Il y avait un ancien qui savait qu'on &eacute;tait pareil. Avant. Ils parlaient des nomades. </span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Les adultes eux,  allaient &agrave; la chasse et nourrissaient tout le bataclan.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Asteure (j&rsquo;aime ce mot de mon presque pays adoptif, le Qu&eacute;bec. Le &laquo; presque &raquo; c&rsquo;est pour qualifier le pays, pas l&rsquo;adoptif.), asteure donc, on veut nous faire accroire (ce mot aussi est joli) qu&rsquo;on n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;un village pour &eacute;lever nos enfants, les enfants. On nous &eacute;crabouille pour bien rentrer dans une case sans d&eacute;passer. Alors on &eacute;duque la petite enfance &agrave; vivre en soci&eacute;t&eacute;, on enseigne aux grands que lire, jouer d&rsquo;un instrument, dessiner, danser c&rsquo;est bien chouette, mais pas s&eacute;rieux, m&ecirc;me si &ccedil;a d&eacute;veloppe le serre-veau. Faut savoir compter, construire, marcher en ligne et penser dans la boite, pas en-dehors. Le r&ecirc;ve est permis au lit seulement. On apprend que le stress c&rsquo;est normal. Qu&rsquo;on peut prendre son temps, peut-&ecirc;tre le samedi et le dimanche si on a &eacute;t&eacute; gentil et qu&rsquo;on a bien travaill&eacute; toute la semaine. Et si tu sais bien compter, les sous surtout, tu pourras m&ecirc;me voyager, parce que quand m&ecirc;me, les voyages &ccedil;a forme autant la jeunesse que la vieillesse. Et puis on t'apprendra &agrave; g&eacute;rer : les &eacute;motions, ton horaire, ta vie, ta famille, tes envies et m&ecirc;me tes &eacute;checs.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Et puis il y a nous, les artistes. On nous demande de produire. C'est laid cette combinaison de mots. Et les profs de tout acabit &agrave; qui on demande de faire des petits cubes avec les &eacute;l&egrave;ves. C&rsquo;est pour les cases.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;"></span><br /><span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;"><strong><u>Variation 3</u></strong></span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">C&rsquo;est dimanche, les rayons de soleil pour d&eacute;jeuner, il y en a presque plus dans ma cour, parce qu&rsquo;il y a un tata, qui a &eacute;tudi&eacute; comment construire des condos, mais qui n&rsquo;a pas appris &agrave; respecter l&rsquo;environnement, alors il g&egrave;re les voisins pas contents. En plus, mon abricotier n&rsquo;a pas la vie facile, car passer presque 6 mois les racines &agrave; l&rsquo;air, &ccedil;a vous refait pas une sant&eacute;. Pas d&rsquo;abricots juteux encore cette ann&eacute;e, c&rsquo;est vraiment trop triste. En plus, il n&rsquo;a presque pas fait de fleurs. Je les aime tes fleurs moi. Tes abricots aussi. Peut-&ecirc;tre que mes racines ont pass&eacute; trop de temps &agrave; l'air et que je n'arrive plus &agrave; produire quelque chose de joli et inutile, comme un vrai artiste le ferait. Je dois manquer de compost. Ou je suis trop &agrave; l'&eacute;troit dans ma petite cour. Ou d&eacute;j&agrave; morte.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;"></span><br /><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Mais c&rsquo;est dimanche. J&rsquo;ai juste envie d&rsquo;&ecirc;tre &agrave; l&rsquo;&Icirc;le d&rsquo;Orl&eacute;ans, sur la gr&egrave;ve. M&ecirc;me pas les pieds pendants au bout du quai. Comme quand j&rsquo;avais 5 ans, ou six, je ne sais plus. L&rsquo;eau go&ucirc;tait le beurre demi-sel. Et &ccedil;a sentait la verdure marine. Je m&rsquo;ennuie du fleuve. M&ecirc;me si j&rsquo;aime ma cour, ma cl&ocirc;ture qui me permet de r&ecirc;ver au-del&agrave;, mon arbre fruitier quand il peut (tiens, je vais le baptiser Edgar) la cloche &agrave; vent fatigante de la princesse de Laval, ma voisine fourmi qui parle aigu quand elle s&rsquo;excite, (je ne supporte pas les sons aigus, &ccedil;a prend toute la place dans mon cerveau, l&agrave; o&ugrave; mon troisi&egrave;me oeil regarde &agrave; travers les autres) et m&ecirc;me les jeunes anglos de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la ruelle. Je leur pardonne de parler anglais bien fort le soir les pieds pendants au bout du balcon, parce que des fois &ccedil;a joue du banjo, du violon et &ccedil;a chante, ma foi, fort et bien.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;"></span><br /><strong><u style="-webkit-text-size-adjust: 100%; background-color: rgba(255, 255, 255, 0);">Variation 4</u></strong><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Aujourd&rsquo;hui, dimanche. Moi je n&rsquo;ai pas appris &agrave; compter et je ne suis pas un cube.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Je vais pratiquer, pour aller r&eacute;p&eacute;ter ensuite. M&ecirc;me si je ne comprends plus grand-chose.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">M&ecirc;me si je ne sais plus si je sais, ou si je ne sais pas que je sais. Peut-&ecirc;tre aussi je ne sais pas que je ne sais plus que je sais.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">C&rsquo;est clair que je n&rsquo;ai jamais su compter ni marcher en ligne bien droite. De toute fa&ccedil;on c&rsquo;est pas toujours joli les lignes droites.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;"></span><br /><span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">6 h. La sonnerie de mon STI (Super T&eacute;l&eacute;phone [trop] Intelligent) m&rsquo;envoie un pr&eacute;lude de Bach pour violoncelle, rien d&rsquo;agressant, version Miklos Per&eacute;nyi. On dira ce qu&rsquo;on voudra, la culture &ccedil;a nous rapproche de nos racines, et les musiciens hongrois (et ceux de l&rsquo;Europe de l&rsquo;est en g&eacute;n&eacute;ral) ont une fa&ccedil;on de phraser qui parle &agrave; mes g&egrave;nes. Les m&eacute;dailles du chien qui s&rsquo;entrechoquent en font un arrangement original. Comme tous les matins (je d&eacute;teste dire &ccedil;a, &ccedil;a &eacute;voque une routine et je d&eacute;teste la routine profond&eacute;ment). &Agrave; part quand je la choisis. C&rsquo;est pour &ccedil;a que je n&rsquo;ai jamais eu une vraie job, (ou plut&ocirc;t ce que l'on veut que je crois &ecirc;tre une vraie job), je ressuscite la maison et un petit peu moi par le fait m&ecirc;me. Une saloperie de petite pilule, un verre d&rsquo;eau (eh&thinsp;! oui, mes organes commencent &agrave; me laisser tomber, et comme cette partie invisible de la population, les femmes de 50 ans et plus, &ccedil;a fait maintenant partie de ma routine, celle que je ne choisis pas et qui m&rsquo;emmerde); ne pas oublier de d&eacute;marrer la machine &agrave; espresso et surtout nettoyer le sabot. Sinon &ccedil;a go&ucirc;te le br&ucirc;l&eacute;, et &ccedil;a bouche les minuscules petits trous qui font passer ce carburant pr&eacute;cieux. Un genre de p&eacute;trole pour machine humaine. Des fois on reste en panne  m&ecirc;me apr&egrave;s quelques tasses. </span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Un petit moment de qui&eacute;tude, seule, avant que &ccedil;a commence. Ensuite c&rsquo;est le tourbillon infernal : r&eacute;veiller mille fois l&rsquo;ado en une demi-heure, faire son lunch et peut-&ecirc;tre le mien. Quelques fois la grande se l&egrave;ve et m&rsquo;&eacute;tourdit avec sa joyeuset&eacute;, ses yeux de biche, son cerveau qui gambade tout partout, sa bouche qui parle vite, vite, vite en essayant de rattraper ses pens&eacute;es. Mais c&rsquo;est mission impossible. Je le sais. &Ccedil;a fait comme des petits spermatozo&iuml;des qui se frappent au mur du condom. Et &ccedil;a fait un fouillis de pens&eacute;es paniqu&eacute;es qui ne trouvent pas la sortie. Et surtout qui n&rsquo;aboutiront &agrave; rien. Pourtant il y en a de bonnes.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Faut regarder mille fois dans l&rsquo;agenda ce qu&rsquo;il y a &agrave; faire parce que la m&eacute;moire n&rsquo;a juste pas envie de se rappeler. Comme si mes aires de Broca et de Wernicke ne savaient plus ce qu&rsquo;elles avaient &agrave; faire. Allez les filles&thinsp;! Au travail&thinsp;! </span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Pourtant les mots sont bien &eacute;crits avec une calligraphie erratique de gaucher, sans fautes, en diagonale, dans le mauvais carr&eacute;, barr&eacute;s, r&eacute;&eacute;crits d&rsquo;une autre couleur, soulign&eacute;s, surlign&eacute;s, effac&eacute;s avec un effort d&rsquo;ordre et de classement&thinsp;; ils rentrent d&rsquo;un &oelig;il et sortent par l&rsquo;autre qui ne voit pas de toute fa&ccedil;on.</span><br /><span></span> <span style="font-size: 14.01pt; -webkit-font-kerning: none;">Marcher le chien. &Ccedil;a, j&rsquo;aime presque. Un 20 minutes sans interactions avec des humains. Il me manque juste l&rsquo;eau, le fleuve, la gr&egrave;ve. Ma solitude me manque. Celle qui ne me demande rien. Celle qui me dicte de manger quand j&rsquo;ai faim, pas quand c&rsquo;est l&rsquo;heure. Celle qui me donne la permission de regarder droit devant, dans le vide, et son silence, son chaos, mais son silence surtout. Toute cette vie en acc&eacute;l&eacute;r&eacute; me bouche les oreilles internes. Pourtant il y en a des vies en super-vite, bien plus que la mienne. Mon lobe frontal surcharg&eacute; par toutes ses demandes de prise de d&eacute;cision, &ccedil;a m&rsquo;&eacute;puise. Surdit&eacute; profonde, je ne m&rsquo;entends plus. Peut-&ecirc;tre devrais-je me texter...</span><br /><span></span></div>]]></content:encoded></item></channel></rss>